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Le métier constitue un des élèments déterminants de la vie d'un homme et, n'en doutons pas, la place du hasard est restreinte. Le savoir-faire professionnel de notre ancêtre peut expliquer le choix de son nouveau domicile.
Deux forges fonctionnaient à Dagmersellen dès 1587 et 1596. L'une d'elles est la propriété de la famille Pfister (patronyme que nous retrouverons dans l'ascendance de Johann Willisegger ) : - Michel Pfister en 1676 - Fridli Pfister de 1685 à 1702 - Hans Pfister en 1744. Par ailleurs, la confrérie de St-Eloi régit le métier depuis 1631 dans la vallée de la Wigger en regroupant les maîtres d'Altishofen, Reiden, Nebikon, Dagmersellen, Langnau et Uffikon.
La vallée alsacienne de la Doller est également un important centre métallurgique comprenant, entre autres, une forge et une renardière à Oberbruck (situées dans dans l'actuelle rue de Rimbach) et une manufacture de fer blanc à Wegscheid, trois installations contrôlées à partir de 1686 par Henri Anthes et son fils.
Voilà une situation qui établit le nécessaire trait d'union entre l'ancienne et la nouvelle patrie.
Alors que les secrets de fabrication du fer blanc commencent à être divulgués en Lorraine sous le règne de Léopold, ce produit, importé d'Allemagne d'abord, d'Angleterre ensuite, se généralise dans la vie quotidienne. Le succès de ce nouveau marché aiguise l'esprit d'entreprise d'influents financiers parmi lesquels la famille Vallet. Joseph Antoine Vallet semble assumer le rôle déterminant de maître des forges malgré des activités très variées : marchand à Nancy, avocat à la Cour, conseiller du Roi. En 1742, il acquiert la Manufacture Royale de Bains-les-Bains. Déjà propriétaire du château de Husseren-Wesserling (68470), il afferme en 1759 les usines métallurgiques de la seigneurie de Masevaux. De 1764 à 1772, il loue le lac des Perches, le lac de Sewen et le Neuweyher à l'abbaye de Masevaux. En 1769, l'entreprise s'enrichit de l'ancienne papeterie de La Pipée sur le Coney et de la forge du Moulin-au-Bois Parallèlement, il est directeur-adjoint des grandes forges de Neunkirchen en Sarre. La fabrication du fer blanc en Alsace et en Lorraine semble ainsi être le monopole de cette famille industrieuse. Le 11 juin 1777, Louis François Xavier Vallet vend à M. Fallatieu les installations de la Vôge pour 1120575 livres au cours de Lorraine. En 1783, un dénommé Bouchot afferme les usines de la vallée de Masevaux.
Les déplacements futurs des enfants de Johann Willisegger et Barbe Negler correspondent aux étapes de la construction et de la liquidation de cet empire industriel.
Si leurs contemporains avaient une si piètre opinion de ces artisans métallurgistes, ouvriers itinérants au teint basané par le feu de la forge, l'esprit d'entreprise des maîtres de forge n'y est pas totalement étranger ! Les ouvriers fidèles et compétents suivant leurs employeurs vers les nouveaux horizons.
En même temps que les Willisecker, d'autres familles ont émigré depuis la vallée de la Doller vers celle de la Sarre ou la Lorraine. D'étroits liens familiaux, alliances et parrainages, les unissent. La profession des hommes en est sans aucun doute le catalyseur ; l'esprit corporatif est comparable à l'esprit de clan. Antoine Farny, ouvrier des forges, et Marie Madeleine Horney (peut-être Holstein ?), ainsi que leurs trois enfants nés à Oberbruck, Wegscheid et Sewen entre 1746 et 1766, arrivent à Geislautern où le premier acte familial est inscrit le 31.03.1783. Laurent Rinkenbach, ferblantier, et Catherine Negele (ou Negler !), avec leurs quatre enfants nés à Wegscheid de 1768 à 1776, sont installés au moins depuis le 02.02.1779. Pour les Wilisecker, le premier acte date du 19.11.1779.
Tout ceci concorde avec les acquisitions des Vallet mais surtout avec la cessation du bail de Masevaux en 1772 et l'arrivée des nouveaux maîtres de forges : De Falatieu à Bains-les-Bains en 1777 et Bouchot à Masevaux en 1783.
La relation travail/famille est renforcée par l'existence des couples suivants : - Jean Willisecker oo Marie Barbe Negler (Kirchberg 1705) - Georges Negler oo Barbe Holstein (Kirchberg 1742) - Jean Jacques Rinkenbach oo Catherine Iltiss (Kirchberg 1707) - Jean Williseck oo Catherine Iltiss (Bains 1757) - Arbogast Rinkenbach oo Madeleine Weiss (Kirchberg 1632) - Jean Williseck oo Françoise Weiss (Kirchberg 1731 - Bains 1758)
Après un passage-éclair, l'installation à Geislautern se situerait donc en 1778.
Alain Willigsecker
Date de création : 20/08/2005 @ 21:07
Dernière modification : 27/05/2007 @ 17:21
Catégorie : ... et leurs histoires
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